Quand j'enseigne, je vois chaque semaine des collègues — professeurs principaux, agrégés, certifiés, PLP, contractuels, AESH, CPE — qui m'interrogent sur leur projet immobilier. Beaucoup ont essuyé un refus bancaire. Pas parce qu'ils ne sont pas solvables. Parce que personne dans la banque ne sait lire leur fiche de paie.
Une fiche de paie d'enseignant n'est pas une fiche de paie comme les autres. Indice nouveau majoré, indemnité de résidence, ISOE, NBI, heures supplémentaires effectives (HSE), hors-classe, classe exceptionnelle, indemnité REP/REP+, indemnité de jury — sans parler des doubles tutelles Éducation Nationale / ESR ou des vacations universitaires. Pour un chargé de clientèle banque non spécialisé, c'est illisible. Et l'illisible se traduit par un dossier rejeté ou un taux dégradé.
Moi, c'est ma fiche de paie aussi. Je connais chaque ligne. Je sais que vous êtes fonctionnaire titulaire ou contractuel à droit public avec une carrière prévisible, que votre indice évolue mécaniquement chaque année, et que votre profil emprunteur vaut bien mieux que ce que les algorithmes de scoring lisent au premier coup d'œil.
C'est pourquoi je fais ce travail. Pour que ceux qui forment les générations futures obtiennent enfin le crédit immobilier qu'ils méritent, aux conditions qui reflètent vraiment leur statut.
— Lysiane Tendil, enseignante, docteure en sciences de gestion, courtière ORIAS n°26000195